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Nicolas Dumont : Profession : infirmier de triage
Rita Busat
Pour souligner la Semaine des soins infirmiers, Nicolas Dumont a accepté de partager avec nous en quoi consiste une journée de travail pour un infirmier de triage à la salle d’urgence de l’Hôpital Général de Hawkesbury & District.
Suivons Nicolas pour mieux comprendre le fonctionnement de la salle d’urgence et en premier lieu, le triage. Dans les hôpitaux, le but du triage est de prioriser le soin des patients afin que les plus malades soient examinés en premier. « La consigne ‘Premier arrivé, premier servi’, ne s’applique pas dans les salles d’urgence» explique Nicolas. « Le premier contact du patient à son arrivée à l’hôpital se fait avec l’infirmière ou l’infirmier autorisé qui est affecté au triage, une personne hautement qualifiée qui commencera par évaluer le patient selon l’échelle canadienne de triage et de gravité (ECTG).
Après cette entrevue, le patient reçoit un code de priorité, de 1 jusqu’à 5, le chiffre 1 étant la condition la plus critique et représentant un danger de mort. Les autres codes jusqu’au chiffre 5 représentent des degrés décroissants du niveau de l’urgence que présente la condition du patient. « À l’Hôpital Général de Hawkesbury & District, le personnel suit les directives de l’échelle canadienne de triage et de gravité » ajoute Nicolas.
Les infirmières et infirmiers autorisés sont des professionnels de la santé qui ont reçu entraînement et formation adéquates et qui ont à cœur le bien-être de la clientèle. Mais, comme nous informe Nicolas : « Ce n’est pas toujours facile de travailler comme infirmier, surtout dans une salle d’urgence très occupée. La pénurie de médecins de famille aura un impact sur le nombre de visites aux urgences, et la pénurie de personnel infirmier à travers le Canada signifie que les infirmières et infirmiers que vous voyez à l’hôpital ont dû travailler durant un plus grand nombre d’heures. À titre d’exemple, à l’Hôpital Général de Hawkesbury, il y a environ 34 000 visites à l’urgence chaque année. En avril dernier, le personnel de l’urgence a reçu un total de 2 606 visites durant le mois, ce qui veut dire une moyenne d’environ 90 visites par jour. »
L’urgence peut être un endroit très occupé et très bruyant puisqu’ une variété de gens souffrant d’une quantité de conditions différentes sont vus et traités par le personnel médical et infirmier. L’infirmière ou l’infirmier au triage est la personne qui reçoit l’information en premier et cet employé doit se fier à l’information fournie par le patient. « Il nous faut mettre le patient en confiance, tout en lui demandant beaucoup de questions personnelles qui ne seront discutées avec personne d’autre que les professionnels qui s’occuperont d’eux, » explique Nicolas. « La gamme varié de situations et d’émotions que vit l’infirmière ou l’infirmier affecté au triage durant son quart de travail est tout à fait incroyable! » Après avoir interrogé plus de 50 patients certains jours, leur assignant un code de triage, l’infirmière ou l’infirmier responsable du triage communiquera avec le personnel soignant pour vérifier s’il y a une salle de traitement disponible immédiatement ou si le patient doit retourner dans la salle d’attente.
« Le triage implique une communication continue avec les patients en ce qui a trait à la priorité de soins et au traitement et aussi pour réévaluer ceux qui attendent de voir le médecin, » ajoute Nicolas.
Le personnel de la salle d’urgence reconnaît que patients et familles doivent maintenant attendre plus longtemps avant de voir le médecin et tous réalisent que les gens font preuve de beaucoup de patience. « Nous savons que le temps est précieux pour tout le monde et que plusieurs mènent un train de vie trépidant. Si on y pense bien, dit Nicolas, aller à l’urgence ne faisait certainement pas partie des plans de la journée pour la plupart des patients qui s’y trouvent. »
Donc que peuvent faire personnel et patients pour faire en sorte que l’expérience d’attente à l’urgence ne soit pas trop déplaisante?
Nicolas nous explique : « Si on vous a assigné un code 5, votre cas n’est pas urgent. Il est donc important de comprendre que les plus malades seront vus avant vous. Ceci veut aussi dire que vous devrez attendre avant de voir le médecin sans pour autant dire que vous ne le verrez pas ou que vous ne serez pas traité.»
« C’est bien de demander si votre nom sera appelé bientôt et c’est aussi tout à fait approprié de demander à l’infirmière ou à l’infirmier de triage de vous donner une idée quant au moment ou vous serez vu. C’est tout particulièrement important d’avertir le personnel si vos symptômes se sont aggravés car votre état de santé devra être réévalué. Le personnel infirmier fait tout en son pouvoir pour minimiser les temps d’attente et celui-ci ne peut être blâmé pour les longs temps d’attente, particulièrement si la salle d’attente est remplie à pleine capacité ou si des cas très urgents arrivent par ambulance, » ajoute Nicolas.
« Le rôle de l’infirmière ou de l’infirmier du triage est de vous guider. Afin de recevoir les meilleurs soins possibles, il est important que vous décriviez votre problème le plus exactement possible, indépendamment de ce dont il s’agit. Nous savons que ce peut être gênant de se dévêtir pour passer une radiographie ou pour subir un examen médical. À notre hôpital, nous attachons beaucoup d’importance au respect de votre dignité et de votre intimité durant votre visite. C’est la raison pour laquelle nous vous installons dans une salle de traitement et nous vous demandons de garder la porte fermée. N’ouvrez pas la porte pour dire au personnel que vous n’êtes pas vu assez rapidement, nous ne vous oublierons pas. Par contre, si votre état de santé change, vous pouvez ouvrir la porte pour nous en informer, » nous fait part Nicolas.
« L’infirmière ou l’infirmier du triage fera tout en son possible pour vous faire sentir que l’on prend bien soin de vous. Il ou elle est bien outillé pour s’occuper de votre situation. Si le personnel est plaisant, poli et professionnel avec vous, vous voudrez aussi l’être avec lui, pas vrai? » déclare Nicolas.
« J’espère que vous en avez appris un peu plus sur le fonctionnement de la salle d’urgence et comment personnel et patients peuvent mieux s’entraider. Mes collègues et moi sommes intéressés à travailler avec la communauté et devenir des partenaires de soins avec ceux que nous desservons. »
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